Les aliments : le licite et l’interdit
Tout aliment est licite, sauf ce que le Coran, la Sunna et l’analogie correcte ont défendu. La religion a prohibé certains aliments parce qu’ils sont néfastes à la santé et à la raison.
« C’est Lui qui a créé pour vous tout ce qui est sur la Terre […]. »
Sourate 2 · La Vache (al-Baqara) · verset 291. Interdits par le Coran
- Tout aliment appartenant à autrui auquel il est défendu de toucher
Dieu dit : « Ne dévorez pas mutuellement et illicitement vos biens […]. »
Sourate 2, al-Baqara, verset 188 - Tout animal mort naturellement
Y compris l’animal étouffé, assommé, mort à la suite d’une chute ou d’un coup de corne, ou qu’un fauve a dévoré.
- Le sang
Répandu par l’égorgement ou celui d’une bête morte non égorgée, même en petite quantité.
- La viande de porc
Ainsi que tout ce qu’on retire de lui : sang, graisse et autres dérivés.
- Toute bête sacrifiée pour autre chose que Dieu
Et sur laquelle on n’a pas invoqué le nom de Dieu.
- Toute bête immolée sur les autels des païens
Y compris ce qu’on sacrifie sur les tombes des saints ou en symbole à des puissances autres que Dieu.
« Vous sont interdits la bête trouvée morte, le sang, la chair de porc, ce sur quoi on a invoqué un autre nom que celui d’Allah, la bête étouffée, la bête assommée ou morte d’une chute ou morte d’un coup de corne, et celle qu’une bête féroce a dévorée, sauf celle que vous égorgez avant qu’elle ne soit morte. (Vous sont interdits aussi la bête) qu’on a immolée sur les pierres dressées […]. »
Sourate 5 · La Table servie (al-Mâ’ida) · verset 32. Interdits par le Prophète ﷺ
- La viande des ânes domestiques
Le jour de la prise de Khaybar, dit Jaber (radiyallahu ʿanhuma), le Prophète ﷺ interdit la viande des ânes domestiques et autorisa celle des chevaux.
Hadith rapporté par al-Bukhârî (n° 5520) et Muslim (n° 1941), d’après Jaber ibn ʿAbdillah (radiyallahu ʿanhuma) - La viande des mulets
Par assimilation à celle des ânes. Dieu dit : « Et les chevaux, les mulets et les ânes, pour que vous les montiez, et pour l’apparat. […] »
Sourate 16, an-Nahl, verset 8 - Les aliments appartenant à autrui
Le Prophète ﷺ a dit : « Que l’un de vous ne traie pas la brebis d’un autre sans sa permission. »
Hadith rapporté par al-Bukhârî (n° 2435, Livre des objets trouvés) et Muslim (n° 1726), d’après Ibn ʿUmar (radiyallahu ʿanhuma) - La viande des carnassiers et des rapaces
Tout carnassier muni de canines (lion, tigre, ours, loup, chien, chacal, renard…) et tout rapace muni de serres (faucon, aigle, milan, épervier, hibou…). Ibn ‘Abbâs (radiyallahu ʿanhuma) a dit : « Le Prophète a interdit la viande de tout carnivore et de tout rapace. »
Hadith rapporté par Muslim (n° 1934, Livre de la chasse et de l’abattage) - Les animaux qui se nourrissent d’ordures
Abû Dâwud rapporte d’après Ibn ‘Umar (radiyallahu ʿanhuma) que le Prophète ﷺ a interdit la viande et le lait du bétail et la viande des volailles qui se nourrissent d’ordures. Pour assainir leur corps et leur lait, on doit retenir ces animaux isolés durant un certain temps.
Hadith rapporté par Abû Dâwud (n° 3785, Livre des aliments), jugé authentique par al-Albânî
3. Interdits pour leur nocivité
- Tout venin
Sa toxicité est notoirement reconnue.
- Le sable, l’argile, la pierre et le charbon
Compte tenu de leurs méfaits et de l’absence d’utilité pour l’organisme.
- Ce qui répugne à l’homme
Tels les insectes, source de maladies et de dégâts pour l’organisme.
4. Interdits pour leur impureté
- Tout aliment ou boisson souillé par des impuretés
À propos d’une souris tombée dans un pot de beurre, le Prophète ﷺ a dit : « Si le beurre est compact, jetez la souris et ce qui l’entoure, puis mangez le reste. S’il est fluide, n’y touchez pas. »
Hadith rapporté par Abû Dâwud (n° 3842, Livre des aliments), d’après Abou Hourayra (radiyallahu ʿanhu) - Tout ce qui est de nature impure
Tels les matières fécales et le crottin.
« […] Il leur ordonne le convenable, leur défend le blâmable, leur rend licites les bonnes choses, leur interdit les mauvaises […]. »
Sourate 7 · Les Murailles (al-A‘râf) · verset 1575. Permis par nécessité
Il est permis à une personne affamée, craignant pour sa vie, d’absorber ce qui lui est interdit, à part le venin, pour conserver sa vie, sans toutefois dépasser le strict nécessaire ni se délecter de ce qu’elle mange.
« Envers ceux qui se trouvent contraints, en temps de disette et sans intention sacrilège à consommer des aliments interdits, Dieu est absoluteur et miséricordieux. »
Sourate 5 · La Table servie (al-Mâ’ida) · verset 3Source : EL-DJAZAÏRI Aboubaker Djaber, La Voie du musulman, Éd. Maison d’Ennour, Paris, 2003.
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